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Hommage à Mahmoud Saâdi


Lemchaheb.Dissidenten_Abeki Ya aini_The Dreams and the Loaf of Bread

Abeki Ya aini est une chanson de l'album Out Of This World  du groupe Allemand Dissidenten, édité en 1989, cette chanson a été écrite et adaptée par feu Mahmoud Sâadi que dieu ait pitié de son âme,jouant el Oued dans cette interprétation, c'est lui le fameux créateur des deux grands groupes Ghiwanien en l'occurrence Nass el Ghiwane et Jil jilala.

Les participants jouant cette extraordinaire belle musique sont :
 Accordion - Tomas San Miguel
 Guitar - Nicolas Fiszman
 Oud, Vocals, Written-By - Mahmoud Saadi
 Vocals - Abdellatif "Abdu" Zerouali , Hamid Baroudi , Mohammed "Noujoum" Ouazza* , Rabii Youmni



Mahmoud Saadi : l'artiste de l'ombre

Mahmoud le bien-aimé était un artiste pas comme les autres. Indifférent aux feux de la rampe qui subjuguent plus d'un et pas forcément les plus méritants, il était ce que j'appellerais un artiste de l'ombre. Artiste, musicologue, il l'était bien plus pour lui-même, pour ses amis que pour le large public qui ne l'aura qu'entre aperçu.

Fondateur de Nas El Ghiwane, il a fait le succès, à jamais non renouvelable de leurs premières heures. Lassé par les querelles sournoises endémiques de certains, des «ghiwanes» qui ont vite atteint leur degré d'incompétence en proie à la surprise du succès, Mahmoud les quitta purement et simplement, sans rancune et sans fracas. Il allait alors inscrire, pour ne pas dire signer, une période inoubliable hautement féconde du groupe rival ‘Jil Jilala'.

Cependant, le public l'aura bien peu remarqué, en deçà des chanteurs ténors, s'évertuer sur l'instrument nouveau qu'il a introduit dans la musique populaire, le strident ‘el bouzq' turc. Mahmoud était plutôt l'artisan des orchestrations, des répétitions et des corrections d'harmonie, tâche ingrate préalable de tous les succès.
Dans les coulisse il était déterminant.

Jeune artiste, il s'était inscrit au conservatoire de musique de Casablanca, non-pas pour faire carrière dans le ‘show business' mais pour se former dans un talent inné. Avant l'heure, il avait assimilé le concept de développement humain qui est incomplet sans arts et sans culture. La musique, il la jouait pour lui-même, pour son petit cercle d'amis nocturnes, chaque jour renouvelé.

Et Mahmoud excelle dans le luth, et en tirait les harmonies et les mélodies que seuls quelques instrumentistes, comptés sur les doigts d'une seule main, pouvaient le faire. La célébrité chez cet artiste représentait bien moins que la satisfaction personnelle et le bonheur des amis d'un soir, autour de lui, à sa table, à ses frais ! Cependant, il demeurait seul dans la multitude et mourut en solitaire.
L'artiste de l'ombre couru par les visiteurs du soir, tel est Mahmoud dont la journée commençait à 16 heures depuis qu'il avait pris sa retraite de l'Office national du thé et du sucre.

Durant sa carrière à l'office, il fut au premier rang des luttes syndicales pour l'amélioration des conditions des salariés. Mais cette vie-là restait sur les lieux de travail et seuls ses collègues peuvent en témoigner. Mahmoud n'en parlait guère, car l'homme était discret, pudique même et ne révélait que peu de sa vie, de son travail et de sa famille. C'était le domaine réservé de l'artiste.

Si sa disparition pouvait, si j'ose dire, servir à quelque chose ; c'est justement d'attirer l'attention sur tous les artistes de l'ombre, les hommes de culture ignorés et les talents non sollicités.

Mahmoud aurait profondément aimé qu'il en soit ainsi avec cette ultime contribution. Lui qui a tant fait pour pousser les autres. En dernier ressort, et ultime illustration, le nom de Mahmoud Saadi demeure, désormais, associé au talentueux artiste Abdou Chérif qu'il considérait comme son fils spirituel et dont le succès contribuera, aussi, à l'immortaliser.

* Taïeb Jamaï

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