- Mémoires 1 Lemchaheb

vendredi, janvier 06, 20067commentaires


Moulay Cherif Lamrani died in Rabat on Wednesday 27th October at the age of 55
after prolonged illness. What a great loss to his family, friends, fans and the music world. Cherif certainly was one of the best arabic songwriters and musician and he will be sadly missed.

Dissidenten and Lem Chaheb's Moulay Cherif Lamrani started working together in Tanger, Morocco. Here their Project "Sahara Elektrik" was developed. From this colaboration very much rose the term world-music. We very much regret that he had to leave the session much to soon. His music will live on.

Dissidenten




Mémoires de Lamrani Moulay Chérif


Le 20 octobre de l’année 2004, il nous quitta. Il fut encore jeune et plein de talent. Il alla rencontrer notre créateur. Je suis certain que la presse marocaine l’a oublié. Celle de Basri l’ignorait, le craignait, l’occultait parce qu’il lui faisait peur. Pourtant ce ne fut qu’un simple artiste, un simple guitariste, le premier à introduire la mandoline dans la musique Marocaine. Il s’agit de Cherif de Lemchahab. Ce fut un homme engagé et qui marquera à jamais ceux qui l’ont connu.

J’ai vu Chérif grandir et je me permets de vous livrer un témoignage en sa mémoire durant ce mois sacré, ce moment de très profonde spiritualité pour prier en son âme ainsi que pour tous ceux qui nous ont quitté.

Il s’appelait Moulay Chérif LAMRANI. Il méritait son nom de Chérif parce que depuis son enfance parmi les jeunes Boubekris, ce nom lui avait porté bonheur, il détermina ainsi son caractère, sa spécificité et le chemin qu’il allait prendre dans sa vie. Chérif, n’est pas un simple agrégat de lettres, c’est une affirmation de ce qu’espéraient Zahra et M’barek pour fixer d’où venait Chérif et nouer des relations profondes avec le passé des Chorfas du Tafilalet.
Chérif du groupe Lemchaheb fut le fruit d’un mélange du Maghreb Arabe. Sa mère Zahra d’origine algérienne pour laquelle il avait chanté tout petit mais aussi en souvenir d’une autre Zohra…

Zohra ! Occupe mes tolérances
Tu es ma joie et mes souffrances
Tu es ma vie, tu es mon bonheur
Tu es la fille qui occupe mon cœur….

Et d’un père aussi grand artiste, Moulay M’Barek El Boudnibi. Cet homme a longtemps vécu à Oran durant les moments difficiles de la colonisation française. Il fut chassé par les autorités de l’Oranais, pour son engagement pour la libération du Maghreb. Il fut chanteur à la radio locale d’Oran et fut connu sous son vrai nom. Il reçut plein de menaces lorsqu’en 1959, il composa la chanson qu’a déformé Khaled en Rouhi Ya Wahran Rouhi Baslama.

Voici les véritables paroles écrites par un Marocain pur souche, le père de Chérif Lemchaheb en 1959. Khaled n’était pas encore né.

Lillah Ya Franess Amli Lamzya
Blad Dzair Mahyachi Lik
Wal Wakt Rah Nada Kal Al Hourya
Kabli Bladek Bezzaf Aleik....
Après cela, M’Barek fut chassé d’Algérie et rejoint son cousin Mohamed Ben Mehdi, de Boudenib aussi. Son cousin fut mécanicien dans la mine de Zellidja-Boubeker avant de devenir chauffeur. Sidi Boubeker est un village distant d’une quarantaine de kilomètre d’Oujda. Chérif n’a que neuf ans à peine.

Les deux cousins, formèrent un duo pour égayer les soirées à la manière Boubekri. S’ils me lisent, ils sauront ce que j’insinue. Ils furent rejoint par un excellent « rythmiste » (le mot n’existe pas mais je signifie percussionniste…je préfère rythmiste), car Hamou Lahrira de son vrai nom Mohammed El Hasnaoui touchait à tout ce qui est fait en peau.

En 1962, le quartet qui bouleversa l’oriental fut composé des deux cousins Lamrani, de Hamou Lahrira et de Benyounes Bouchenak communément appelé FANDI. Le père des frères Bouchenak

C’est dans cette ambiance que Chérif grandit. Une maman, excellente couturière et cuisinière, un papa qui tentait de faire vivre sa famille en exerçant le métier d’horloger et de musicien à ses heures. Mais cette famille fut embarrassée par la crainte qui résulte de l’accident survenu à l’âge de huit ans à Chérif. Il se cassa le tibia. Cela fut considéré comme une infortune. Effectivement, Chérif traîna cet handicap durant le restant de ses jours.


Chérif se toisa à la mandoline de son père à l’âge de dix exactement. Avec quelques Boubekris, ils formèrent un petit groupe de Yéyé : « The Beavers ». Ils choisirent un beau gosse Mohammed Améziane comme chanteur parce qu’il ressemblait à Elvis. Plus tard, Mustapha chanteur Marocain installé actuellement en Hollande les rejoindra avec sa batterie. Leur première chanson, nostalgique démontrait d’une capacité étonnante de ces jeunes villageois enfouis entre la frontière algéro-marocaine.

Au crépuscule
Au bord de l’eau
Là-bas au loin Un chant d’oiseau
Évoque en moi
Des souvenirs
D’un passé
Assez lointain ……….
Te souviens-tu ?
Toi la mer ? De tes massacres
De tes colères
De ces navires
Coulé en ton bassin…
Chérif alla rendre visite à ses oncles maternels et rapporta d’Oran en 1961, sa première guitare électrique de couleur bleue. Ce fut la découverte d’une merveille pour les enfants de l’époque du Twist. Chérif et ses amis Boubekris imitèrent les Beatles, Enrico Macias et d’autres artistes de l’époque. Adolescent, il fréquenta le lycée Omar Ibn Abdelaziz d’Oujda. Il quitta le Maroc orientale pour travailler Chez Carnot à Casablanca.
Un jour, il surprit tout le monde avec un citare qu’il dénicha on ne sait d’où. Mais ses amis d’enfance ne furent guère étonnés parce que Chérif leur ressemblait, les Boubekris venaient d’une autre planète…
La rencontre avec Bakhti résidant aux Roches Noires à Casablanca allait être déterminante. Ils eurent l’idée de composer un groupe Lemchaheb. Il fallait des éléments sûrs et valables. Surtout qui ne reculent devant rien et qu’on ne peut en aucun acheter. La rigueur Sahraoui Algéro-Marocaine de Chérif est déterminante. Batma junior et Khadija, plus tard devenue son épouse furent les premiers à être conviés. Ironie du sort, un quartet comme son père avec son premier groupe à Sidi-Boubeker fut arrondi avec l’arrivée de Chadili. Hamada viendra plus tard remplacé madame Batma.

La mère de Chérif, Zahra l’Oranaise s’occupa de la couture des habits de scène comme l’avait imaginé son fils.

Lemchaheb est un terme filali qui signifie les étoiles filantes mais aussi très chaudes. Décidément, le nom valait la teneur des chansons du groupe. Ils marquèrent d’un sceau chauffé à blanc la génération des années 70. Leurs chansons ouvertement engagées venaient tracer des lumières blanches dans le ciel ténébreux du Maroc. Lemchaheb filaient dans les cieux et subjuguaient avec leur rythme, leur verbe et leur engagement. Ils écrivirent comme parle le peuple. La recherche du vocabulaire n’est jamais allé jusqu’à leur faire utiliser un jargon obscure. L’emphase des mots, la trop grande recherche dans le choix des termes fut jugée mauvais goût. L’expression la plus simple et la plus naturelle fut souvent celle qui rendait mieux leur pensée. Chérif avait dit une fois : «…il faut songer toujours pour quel public on écrit ou dans quel genre on écrit…. » avec l’accent typiquement Filali emprunté à son père il martela ses mots « …chaque sujet a sa clarté propre…Afham Yaman Tafham… »

Mais ils dérangèrent et reçurent des remontrances, des avertissements, ensuite des menaces. Ce fut du sérieux avec Ahaydouh…Ahaydouh… qui sous l’emprise de l’atténuation prit comme euphémisme Ahaydouss…Ahaydouss…L’étoile filante doit filer, elle file du mauvais coton… !

Chérif sut qu’il était difficile d’évoluer comme il le voulait dans un Maroc où la liberté d’expression faisait défaut. Il quitta son pays pour s’installer en France chez son cousin dans la région parisienne. Son cousin avait un studio d’enregistrement et lui présenta les Dissidentens, le célèbre groupe allemand de Nina Hagen. Ensemble, ils composèrent des morceaux de musique qui propulsèrent aussi bien la musique marocaine que les Dissidenten parmi les stars de ce monde.

Il quitta la France pour la Tunisie pour enfin revenir au Maroc.

Le roi Mohammed VI fit un geste louable et l’envoya en France pour se faire soigner. Le voyage fut prévu avec le célèbre écrivain du « pain nu » Mohammed Choukri, mais hélas la destinée avait choisi un jour avant l’embarquement pour nous prendre un grand penseur.

De jeunes RME avaient eu vent de l’hospitalisation de Chérif à Paris et ont pris en charge sa dernière visite dans leur ville ROUEN. Dieu les récompensera pour ce dernier adieu. La maladie l’emporta à l’âge de 55 ans, le 20 octobre, il y a une année jour pour jour.

Allah Yarham Jamii Al Mouslimin Amin

Message posté par Mag3 le 20 octobre 2005

Au forum Lemchaheb/www.yabiladi.com

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Professeur: Abdelkrim Boufarra. Mél. boufarra@lettres.univ-oujda.ac.ma boufarraa@yahoo.fr


Hommage à Lamrani Chérif. LEMCHAHEB.

Le mercredi matin (20/10/2004), qui correspond au 06 Ramadan 1425, un artiste aux talents multiples vient de tirer sa révérence.
Lamrani Chérif, fondateur et maestro de la troupe mythique Lemchaheb, nous quitte alors qu'il se sentait très jeune; et ne cessait de répéter à qui veut l'entendre qu'il n'a pas encore donné tout ce qu'il possédait. Généreux, ses rêves ne pouvaient pas contenir son amour pour la vie et pour la musique.
Lamrani Chérif avait fabriqué lui-même son instrument de musique. Il l'a baptisé mandolcelle, à l'instar de violoncelle. Ce mendolcelle nous rappelle à la fois une cithare indienne et un luth turc ! Bref, l'Orient dans toute sa splendeur !
Chérif était en train de fabriquer un autre mandelcelle, car le sien semble usé par trois décennies de bons et loyaux services.
En fait, le groupe Lemchaheb, quoique composé initialement de cinq membres, comptait un sixième membre aux sonorités inégalables et inimitables. Ce mandolcelle se trouvait à point nommé, c'est-à-dire dans chaque mélodie ou arrangement. Le son se déclinait en fonction du thème de la chanson et des voix qui la composent et qui l'accompagnent.
Ajoutons à cela cette touche magique du maestro, Lamrani Chérif, qui pouvait jouer dans l'extase, la transe, les yeux fermés. On se permettait de penser qu'il pouvait jouer en mettant un bandeau sur les yeux, ou un gant sur les doigts !!
Il a pu imposer son style, devenu depuis trois décennies déjà, le style de Lemchaheb et une référence pour les autres groupes musicaux aussi bien au Maroc qu'à l'étranger. Lamrani Chérif est ce compositeur, arrangeur et parolier d'une grande finesse. Les tubes qu'il avait composés pour Lemchaheb (ainsi que pour d'autres formations ou chanteurs) le confirment clairement.
Il est également ce nomade qui voit le monde trop petit pour contenir ses ambitions. Du Maroc à la Tunisie, en passant par la France, la Belgique, l'Allemagne et la Libye, entre autres lieux, Chérif voyageait en quête d'une perle rare, d'un trésor enfoui dans les énigmes de l'univers…Il ne cessait de chercher la perfection.
Qui peut oser posséder une telle ambition ? Seul un artiste nomade, amoureux de la vie et de l'aventure pouvait ressembler à ce Chérif rêveur, utopique, atypique…
Chérif ne cessait de parler de devenir un artiste mondial. Il se voulait " d'internationaliser " le style de Lemchaheb. Ceci bien avant la mondialisation et la globalisation.
Lamrani Chérif est un dessinateur, un calligraphe, un architecte, un arrangeur et un ingénieur de son. Il ne cessait de répéter le dicton marocain qui dit, grosso modo, " sept métiers pour rien ". Mais Chérif n' jamais cherché un métier. Si métier il y a c'est celui de la quête et de la recherche.
Peu de gens savent que Chérif avait décidé de préparer une thèse de Doctorat sur la musique ethnique à l'âge de 52 ans : Il avait établi un premier plan de recherche; ceci en parallèle avec un autre projet auquel nous allions nous atteler, Chérif, Hamadi et moi-même, dès son rétablissement. En effet, nous avions commencé un projet qui lui tenait à cœur: faire un inventaire du corpus de Lemchaheb en vue d'en faire une étude académique digne de ce nom. Nous avions établi ensemble l'équipe de recherche. Nous comptions publier l'ouvrage, en moins, en 17 volumes !.
La disparition de Chérif devait nous inciter à doubler d'effort afin de mener ce projet à terme. Incha Allah.
Lamrani Chérif était vraiment en avance sur son temps. Un jour, alors que je lui rendais visite dans son appartement à Casablanca, je lui ai emmenais un enregistrement d'une cassette que j'avais achetée il y a quelques années à Paris. C'était une cassette de Lamrani Chérif en solo. En écoutant le premier morceau, il me demandait le nom de l'artiste qui jouait si bien au mendolcelle. Je lui ai répondu: " un certain Lamrani Chérif ". Il écouté le morceau à nouveau, pris son mendolcelle, et a essayé d'imiter sa façon de jouer. Il n'a pas pu, malgré plusieurs tentatives. Il s'est retourné vers moi et m'a dit: " j'ai été en avance sur mon temps ".
Lamrani Chérif est cet amoureux de la vie et de la musique qui se voulait, par son esprit jeûne, d'aider les jeûnes talents à aller de l'avant. Il se montrait heureux comme un bébé lorsqu'il découvrait un artiste qui chantait ou jouait bien. Un jour, l'autre pilier de Lemchaheb, Hamadi Mohamed, m'avait dit: " Chérif est le seul musicien qui crée son adversaire ". Et il n'avait aucunement peur d'agir de la sorte, car il était confiant en ses capacités et ses talents.
La disparition de Lamrani Chérif est un grand désastre pour Lemchaheb, surtout après le décès, il y a quelques années, de l'autre météore: feu Mohamed Batma.
Chérif souffrait et n'avait comme protection que la providence divine et la générosité royale. Sa Majesté le Roi Mohamed VI avait pris en charge l'hospitalisation de Chérif aussi bien en France qu'au Maroc. Notre souverain se montre à chaque fois aux côtés de nos artistes lorsqu'ils sont dans des conditions difficiles. L'artiste marocain, en la personne de Lamrani Chérif, souffre et de quelle manière !
Posez la question à Hamadi Mohamed, l'autre membre de Lemchaheb !
Maintenant que Lemchaheb sont devenus trois membres seulement: Hamadi, Sousdi et Chadili (qui souffre actuellement), qui peut oser remplacer la voix chaude de feu Batma Mohamed et la doigté de Lamrani Cherif ?
Je suis certain que les gens honnêtes savent que l'artiste poète et le grand compositeur sont irremplaçables. Lemchaheb sont aujourd'hui orphelins et ont besoin de soutien et de protection plus que jamais.
Si " quelqu'un " sera triste davantage et mélancolique, suite à la disparition de Lamrani Chérif il y a un an déjà, ce sera certainement son mandolcelle. Les notes musicales, les arrangements, les mélodies que dégageait l'instrument de musique, conçu et fabriqué par Chérif lui-même, contiennent une richesse artistique que seul Chérif pouvait explorer et diffuser; car il était le maestro par excellence !!
Chérif se rendait compte que son mandolcelle était usé par le temps. Ainsi, il était sur le point de terminer le "montage" d'un autre instrument, un "clone" de son premier mandolcelle. Mais le destin a décidé autrement.
Il est de notre devoir de garder en mémoire l'apport inestimable de deux géants, inoubliables et irremplaçables, de Lemchaheb: Batma Mohamed et Lamrani Chérif. Car la mémoire peut être musicale et artistique également. --------------------------------------------------- Professeur: Abdelkrim Boufarra.

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+ commentaires + 7 commentaires

janvier 08, 2006

salut test

Anonyme
janvier 11, 2006

bonjour tous le monde
bonjour Rabah

c'est juste pour dire que ce site commence à se perfectionné .

merci rabah

avril 02, 2006

je vois entre l'article posté par mag3 et l'hommage du professeur boufarra, la photo du défunt chrif Allah yarahmou,où il sert affactueusement contre lui sa mondoline comme pour lui dire au revoir en l'embrassant une dernière fois.une photo d'une grande tendresse qu'on aimerait en effet voir illuster ses mots à sa memoire.merci.

Anonyme
mai 14, 2006

mohsine de boudnib la ville d'origine de lmrani moulay chref j'ai remircie hamzaoui rabah ainssi tout les membres de se site mon email:msoun2@hotmail.com

Anonyme
juillet 08, 2006

charif de boudenib je veut remercie les membres de ce site vive la liberter vive boudenib mercie

Anonyme
décembre 21, 2007

BRAVO.VREMEMENT C'EST DU TRES BEAU SITE.MERCI
YES IT'S VERRY NICE.VERRY GOOD MUSIC.
QUI N'ECOUTE PAS LEMCHAHEB.JE PONSE QU'IL N'A RIEN ECOUTE
.MERCI ENCORE UNE FOIS POUR CE MANIFIQUE TRAVAIL.
CONTINUEZ...

Anonyme
mars 18, 2011

salam je sui un jeunne algerien je m'appele fethi d'alger centre j'aime lemchahab et ya bq dalgeriene comme moi qui les aimes vrement des maystro de la vre musique on ce mement la je sui entrin d'ecouté et d'ecrire.je tené a remerci se lui qui a crie ce site.

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